Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 22:19

Avec cette nouvelle grande exposition sur deux niveaux, le Centre Pompidou Metz nous plonge dans l'univers de l'errance, de la perte et de la déambulation. Les oeuvres questionnent notre rapport à l'espace, espace mental, espace visuel, espace physique et la scénographie est elle-même labyrinthique... C'est l'idée de labyrinthe et de dédale dans tout ce qu'elle recouvre qui est traitée par les artistes contemporains et dans toute forme d'oeuvres : des dessins, des installations, des vidéos, de la peinture... L'exposition s'organise en huit chapitres qui mènent du labyrinthe architectural aux méandres de la pensée, de la représentation du chaos à la ville comme lieu d'errance et d'égarement, de la contrainte des corps à des bouleversements picturaux et qui jouent avec notre perception.

Dans la grande nef, notre parcours des oeuvres est tel un labyrinthe, le collectif d'artistes Public Space with a koff intervient dans les interstices de l'exposition en faisant des références judicieuses au labyrinthe. La première section est liée à l'architecture et permet de comprendre comment artistes et architectes ont questionné l'idée d'un espace organisé et complexe qui peut générer le chaos et la perte. Dans l'oeuvre de Robert Morris, on ressent une idée d'enfermement et ce grâce à son utilisation de la ligne. On peut ensuite comprendre que le labyrinthe fait toujours appel au temps et à l'espace, les deux étant imbriqués. C'est un espace qui génère du temps : Frederick Kiesler a le projet d'une maison sans fin. Une section un peu difficile à aborder est celle du labyrinthe mental : les planches d'études sur le système nerveux de Santiago Ramon y Cajal sont comme de véritables oeuvres graphiques. Gianni Pettena a créé un pénétrable labyrinthique, préambule aux errances dans la ville. C'est à travers la section Metropolis que l'on comprend la ville comme un espace labyrinthique où on se perd et les situationnistes et d'autres artistes ont su exploré l'idée d'une ville à explorer, à arpenter mais aussi à cartographier.

DSC00017-1La galerie 1 nous plonge elle, dans un autre univers plus visuel et qui perturbe nos sens : Gianni Colombo ouvre cette partie de l'exposition avec ses oeuvres en mouvement. Nous sommes ensuite invités à traverser des salles, véritables installations et expériences cinétiques qui perturbent notre regard et invitent à une perte des repères physique et optique. Puis, nous pouvons aborder le labyrinthe comme un espace d'enfermement et de piège, lieu d'angoisse... C'est avec l'installation de Mona Hatoum (photo) que l'on ressent au plus profond cette sensation d'enfermement : les cages et son jeu d'ombre et de lumière créent comme un rétrécissement de la pièce où s'intègre l'oeuvre. L'oeuvre agit sur nous comme un entonnoir et nous contraint à rester enfermés. Les dernières salles présentent des oeuvres et références au labyrinthe, comme lieu de cheminement mais aussi d'apprentissage de la vie, mais aussi traitent d'un art comme labyrinthe : Le collectif Art et langage figurent, dans leurs grandes peintures, les espaces labyrinthiques d'un musée imaginaire.

Pour clore l'exposition, l'oeuvre de Michel François et de François Curlet, inscrite sur la vitre de la galerie 1, représente la carte de Metz comme si elle était cassée : oeuvre visible alors depuis l'extérieur du musée et qui joue avec la vision de la ville depuis le niveau 1 de celui-ci.

Une exposition déroutante à parcourir et à expérimenter jusqu'au 5 mars.

Centre Pompidou Metz

Par Le corridor - Publié dans : expositions en lorraine
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 08:59

Bêtes Off, c'est le titre de l'exposition qui se déroule à la Conciergerie, Monument national parisien : Ce monument de l'histoire de France se voit envahi d'oeuvres, dessins, sculptures, installations, vidéos sur le thème de l'animal. Celles-ci ont été présentées auparavant dans les monuments nationaux des différentes régions françaises, et étaient choisies en fonction de l'histoire du site.

DSC00045.JPGLes artistes se sont intéressés à la question animale à différents niveaux : C'est d'abord un "autre". Ainsi, Delphine Gigoux-Martin nous propose une projection poétique d'oiseaux en mouvements et qui joue avec l'architecture du lieu. Avec la vidéo d'Ariane Michel, il est également question d'oiseaux, ces volatiles se font musiciens expérimentaux.

D'autres artistes (Louise Bourgeois, Tania Mouraud, Sheila Concari...) se sont intéressés au "devenir animal". On pourrait trouver une part animale dans l'homme, même si ceux-ci ont une perception de leur environnement différente de la nôtre.

C'est ensuite la question du Vivre ensemble qui est posée par de nombreux artistes, comment l'animal, la machine et l'homme pourraient cohabiter au mieux. L'architecte Philippe Rahm propose ainsi un projet de maison dont les proportions seraient en fonction de celles du chien. Laure Tixier s'intéresse également à cette problèmatique en revisitant les cités idéales. Samon Takahashi propose une curieuse installation dénotant la relation entre la voie et le chant d'oiseau. Markus Hansen nous invite à rentrer dans une cabane un peu particulière recouverte de plumes, et dont l'intérieur est tapissé de livres.

La scénographie de l'exposition renforce le paysage que créént ces oeuvres ensemble : du bois et des jeux d'ombre et de lumière nous plongent dans un univers presque irréél. On en oublierait presque l'architecture du lieu ! Par ailleurs, la diversité des oeuvres et leur disposition dans l'espace fait danser notre regard du sol au plafond... véritable promenade visuelle !

Une exposition à découvrir jusqu'au 11 mars !

La Conciergerie, Paris

Par Le corridor - Publié dans : exposition à Paris
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 20:50

P1140208.JPGLa fondation Louis Vuitton (Paris) nous invite dans un voyage des sons, un voyage sonore. Après avoir monté dans l'ascenseur d'Olafur Eliasson, on peut apprécier ce parcours d'oeuvres traitant du son, de sa mise en espace, de sa représentation, de sa manipulation... et bien sûr de son écoute !

Su-Mei-Tse avec "Wood songs" nous plonge dans une ambiance de sous-bois. Thierry Mouillé intervient dans cette exposition avec plusieurs médiums : le numérique, l'impression, la sculpture : une installation architecturale et musicale à expérimenter à plusieurs. Laurent Saksik a créé aussi une oeuvre musicale participative où le mouvement des corps permet l'élaboration de sons. Anri Sala joue avec la musique et sa traversée dans l'espace. Il y a aussi l'idée de déplacement sonore avec l'installation que nous propose Christina Kubisch : invité à porter un casque, on parcourt un espace scandé de "cercles magnétiques". C'est en y pénétrant qu'on active les signaux sonores qui changent. Une oeuvre qui pourrait faire échos à l'ouvrage Paysage sonore de Murray Shaeffer...

Mais après ces manipulations sonores, on passe à la contemplation de l'installation de Stéphane Vigny (voir photo) : on est intrigué et questionné par ce concerto de symbales sur pied sans musiciens. Un atelier numérique de création sonore est proposé également au visiteur pour clotûrer l'exposition. Celle-ci se poursuit dans le hall d'entrée avec le travail de Remy Jacquier et dans la vitrine de la rue de Bassano avec "Bomb Cello" de Charlotte Moorman.

L'exposition permet donc d'aborder le son qui fait paysage, qui créé du lien mais aussi une nouvelle perception de l'espace.

A découvrir et à éprouver jusqu'au 19 février à l'espace culturel de la  fondation Louis Vuitton.

Par Le corridor - Publié dans : exposition à Paris
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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 07:35

Encore quelques jours pour profiter de cette exposition surprenante qui allie des recherches techniques, une compréhension du monde et surtout une beauté artistique !

-000094-.jpgNous sommes accueillis dans le grand hall du musée par l'oeuvre de Conrad Shawcross (photo ci-contre), une machine à tisser, gigantesque architecture mécanique ! Suivent les quatre sections de l'exposition qui développent l'idée d'un artiste-ingénieur : la première traite de la figure singulière de l'inventeur. On y découvre ainsi les "robots sexués" de Paul Granjon, des photos de Robert et Shana ParkeHarrison...

La deuxième partie est consacrée à des plasticiens qui s'intéressent aux phénomènes physiques et aux forces naturelles : Chris Burden oriente son travail vers des recherches et des représentations de la réalité physique, Panamarenko est l'artiste expérimenteur par excellence avec ses machines, Roman Signer s'intéresse aux phénomènes physiques en réalisant des petites expériences qu'il restitue par l'intérmédiaire de films...

Dans la troisième partie, on découvre des artistes explorateurs de mondes et dont les oeuvres font part au rêve : Vija Celmins, Björn Dahlem, Conrad Shawcross.

La dernière section exposent des oeuvres qui représentent des univers organisés par l'activité humaine : Les héliographies de Leon Ferrari, Les sculptures de mégalopoles de Bodys Isek Kingelez... Sans oublier, dans l'amphithéâtre, la vidéo qui présente le travail sur les machines de Theo Jansen !

La liste d'artistes présents n'est pas exaustive !

Une exposition à découvrir au MUDAM, Luxembourg, jusqu'au 15 janvier

Par Le corridor - Publié dans : expositions à l'étranger
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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 19:25

Depuis son ouverture le 21 septembre, l'exposition sur le peintre norvegien a fait coulé beaucoup d'encre et surtout un nombre de visiteurs considérable. Pourtout ce n'est pas une exposition attirante au premier abord, de nombreux tableaux traitent de thèmes violents : la mort, la maladie, les batailles... Généralement, on ne connaissait jusqu'alors que le fameux "Cri" de Munch, invisible dans cette exposition. Mais grâce à celle-ci, c'est une découverte totale de l'œuvre de l'artiste, des peintures mais aussi des photographies et un film, inattendus. "L'œil moderne" titre de l'exposition porte sens quand on analyse la peinture de Munch : C'est un artiste tourmenté, solitaire et qui pourtant voyage beaucoup et s'intéresse aux nouveaux médiums de son époque.

Les 12 sections thématiques permettent de découvrir l'œuvre si riche de l'artiste : en dehors de ses œuvres aux thématiques plutôt sombres, il a également fait parti d'une génération d'artistes dont l'imaginaire a été marqué par une culture du rayonnement. On peut ainsi apprécier une peinture aux coloris plus doux, dans laquelle le blanc domine. Les dernières salles nous montre l'intérêt de Munch pour l'autoportrait. Alors malade de l'œil droit, le peintre tourmenté a même été jusqu'à restituer graphiquement ce qu'il voyait à travers son œil malade...

On ne sort pas indemne de cette exposition...

A découvrir absolument jusqu'au 23 janvier

Centre Pompidou

 

Par Le corridor - Publié dans : exposition à Paris
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